Les salles de remise en forme lieu idéal pour le sport santé

Prévention

Les salles de remise en forme lieu idéal pour le sport santé

par Preston-Lee Ravail

Preston-Lee Ravail

vendredi 8 juillet 2016

Les salles de remise en forme lieu idéal pour le sport/santé - Partie 1

Rubrique animée par Preston-Lee Ravail de la Société Française de Sport Santé

 

Après avoir abordé dans le dernier numéro de Vive la forme le sujet des réseaux sport santé bien être avec Aurélien Schenker nous allons dans cette article voir en quoi les salles de remise (mise) en forme peuvent être  un lieu idéal pour développer une offre de pratique sport santé adaptée à tous les publics. Se positionner sur ce segment exige bien entendu d’avoir  un encadrement et des éducateurs sportifs  sensibilisés à la prise en charge de public à risque.

 

Avant propos

La recommandation du Programme National Nutrition Santé (PNNS 1) de 2001 était d’« augmenter l’activité physique quotidienne … », confortée les PNNS 2 et 3, «était en cohérence avec celles de l’OMS et d’autres instances et de sociétés scientifiques (ACSM, 1975 ; INSERM, 2008).

Souvent, le patient repart de la consultation (para-)médicale avec la prescription : « faire de la marche ». Le PNNS recommandait l’équivalent d’au moins 1/2h de marche rapide par jour Certes, c’est l’activité la plus accessible, praticable à tout âge, presque en toutes saisons, sans encadrement ni matériel ou terrain spécifiques ; elle comporte peu de contre-indications. Cela répond-il aux recommandations, aux besoins de santé et à aux attentes des patients ?

De fait, une part (trop) importante de la population est presque sédentaire. Pourquoi ? Pour faire bref : de nombreux prétextes sont avancés tels une offre d’APS en inadéquation par rapport aux attentes, le manque de temps (mais pas pour regarder la télé…)…. En réalité, au cœur du sujet, le manque de motivation pour des AP n’apportant pas assez de plaisir, de convivialité, de contact social.

L’OMS et l’ACSM sont d’avis que la population générale en bonne santé apparente ou présentant peu de facteurs de risques (promotion de la santé et prévention primaire) devrait pratiquer une APS pratiquement tous les jours, en tout par semaine au moins 150 min (75 minutes si l’intensité est soutenue) et jusqu’à 300 min pour améliorer l’endurance cardio-respiratoire, la forme musculaire et l’état osseux et réduire le risque de maladies non transmissibles et de dépression. Mais devraient s’y ajouter des exercices de renforcement musculaire (résistance) 2 à 3 fois / semaine (jours non consécutifs) sous forme de 10 exercices (grands groupes musculaires), avec 12 répétitions chaque, des exercices d’équilibre et de souplesse au moins deux fois/semaine. D’autres préconisent en plus 10 à 15 min de réveil matinal et des étirements –exercices d’endormissement avant le coucher, tous les jours.

Les salles de remise en forme offrent des contenus riches et variés d’APS

L’AP englobe notamment les activités récréatives ou les loisirs, les déplacements actifs, les activités professionnelles manuelles, les tâches ménagères, les activités de loisir dont les sports. Mais un point important est à souligner : les APS ne sont efficaces qu’à la condition d’une durée et aussi d’une intensité suffisante : un niveau de contrainte suffisant des fonctions sollicitées est nécessaire pour qu’il y ait adaptation et progrès, ce qui implique encadrement qualifié.

Les APS pratiquées devraient être variées, endurance, force, qualités motrices… la marche ne suffit pas. Les spécialités sportives sont souvent très spécifiques dans leurs exigences physiques. Une à 3 fois par semaine oui, mais pas au quotidien. Alors quoi de mieux qu’un club omnisport ou une salle de fitness pour offrir de nombreuses activités aux contenus très variés. Le PNNS tout comme les « guidelines » internationales recommandent la pratique d’AP dès l’enfance. Pourrait-on venir en famille en salle de fitness, si certains appareils sont adaptés, dès l’âge de 10 ou 12 ans ? Des garderies actives pourraient assurer des jeux pour les plus jeunes.

Quels besoins d’APS ?

Pour les patients pratiquant ou à mettre à l’APS, environ 15 millions de porteurs de pathologies à leur début ou à risque de passer à la chronicité (prévention secondaire) ou de développer des récidives ou complications (prévention tertiaire), les besoins d’APS sont-ils tous les mêmes ? Les APS ne sont pas du tout équivalentes en termes de bienfaits sur la santé : peut-on comparer pour se limiter à l’athlétisme, le lanceur de poids au marathonien ? De fait, chaque patient a des besoins spécifiques liés aux caractéristiques de sa pathologie et des attentes souvent très personnelles, sur un fond de motivation à pratiquer à renforcer activement. Cela implique une prise en charge individuelle pour proposer un projet sportif personnalisé, véritable parcours de santé ou de soins par les APS, du lundi au dimanche –tout comme le plan alimentaire-, réalisées en pleine nature (sauf par mauvais temps : la salle est alors un lieu bien pratique), en salle ou à domicile.

 

Le contenu des APS est extrêmement variée ; elles ne sont pas à la fois de force, d’endurance… ; alors quels sont leurs effets bénéfiques, à et dans quelles conditions, avec quelles exigences de sécurisation ? C’est ainsi proposer l’analyse du contenu de chaque APS par exemple à l’aide du modèle de Weineck  toujours valable, avec la répartition en facteurs, sollicitations, astreintes voie contraintes et risques, impliqués dans chaque APS -à pondérer selon le niveau de pratique- morphologiques (dimensions et composition corporelles), physiologiques énergétiques (ana- et aérobie), moteurs (équilibre, coordination, souplesse…) ou psychosociologiques plus le facteur environnement physique. Plus l’APS est spécialisée, plus les effets seront limités à un facteur et de ce fait aucune APS n’est « complète ».

Envisageons les APS recommandées dans quelques situations physiologiques.

La femme enceinte bénéficiera d’APS, d’autant mieux qu’elle sera pratiquante déjà avant sa grossesse ou qu’elle commencera tôt. L’accouchement sera facilité et la prévention sera plus facile de complications tels le diabète gestationnel, la pré-éclampsie, l’incontinence urinaire ou la dépression post-partum. Ce sont avant tout des exercices généraux et du plancher pelvien de gymnastique simples, de musculation légère et d’assouplissements qui sont recommandés 3 fois par semaine, en évitant tout traumatisme, perte d’équilibre ou certaines postures allongées. Bien sûr, il y a respect des contre-indications (CI) : maladie cardio-vasculaire ou pulmonaire grave, pré éclampsie, hypertension artérielle (HTA), risque d’accouchement prématuré, métrorragies… que le gynécologue-obstétricien sait dépister. De même quelques sports sont contre-indiqués (CI) : plongée sous-marine, sports mécaniques, sports à risques de contusion abdominale : sports collectifs, sports de combat, arts martiaux et autres sports de contact…, certains sports aquatiques, en ambiance hypoxique, hyperthermique ou hyperbare. A l’évidence, la grossesse bénéficiera au mieux d’autres APS que la simple marche, certes utile, tout en respectant indications et CI.

 

Pour les personnes sénior, les APS permettent de ralentir de près de moitié l’involution de la plupart des paramètres cardiovasculaires, ostéo-articulaires (sarco- et ostéo-pénie, enraissement) et moteurs, garants du maintien de l’autonomie et de moindres chutes à condition que la pratique soit de qualité. De fait, les recommandations associent AP d’endurance au moins 5 fois par semaine, résistance (musculation) 3 fois /sem et exercices moteurs 2 fois/sem pour l’équilibre et 2 fois pour la souplesse (au moins 10 min). Une seule APS ne permettra pas de répondre à ces conseils. Le coach ou l’éducateur établira le programme quotidien d’APS avec le sénior.

Mais beaucoup de ces séniors ont des « rhumatismes » et l’on bascule dans le domaine de la pathologie : en France la longévité est l’une des plus élevées du monde, par contre la longévité en bonne santé n’est pas bonne. Or les APS sont très utiles. Pour le sénior arthrosique, une AP en décharge, en période de moindre douleur, va aider au contrôle du poids et du profil métabolique et au bien-être général : exercices d’endurance et assouplissement tels que la natation (sauf la brasse pour les genoux) et aquaform, la bicyclette ou vélo elliptique, marche sur tapis, pas plus de 30 min et avec des chaussures à semelles amortissantes, yoga (attention aux postures à risque), Tai Chi, gymnastique douce… et même des exercices de musculation en statique pour renforcer le quadriceps, durée de contraction et temps de repos entre chaque de 6 s au plus en adaptant l’allure aux aptitudes individuelles. L’important est dans le choix personnalisé d’AP plaisantes. Les sports à risques traumatiques (collectifs de ballon, course à pied sur sol dur, sauts, charges lourdes sont contre-indiqués.

 

 

Auteur :

Par le docteur Gilbert Pérès, CHU Pitié-Salpétrière Université Pierre et Marie Curie Paris VI

 

 

 

0 Commentaire(s)

Publicité