Les salles de remis en forme lieu idéal pour le sport santé

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Santé

Les salles de remis en forme lieu idéal pour le sport santé

par Preston-Lee Ravail

Preston-Lee Ravail

vendredi 8 juillet 2016

Les salles de remis en forme lieu idéal pour le sport santé

Les salles de remis en forme lieu idéal pour le sport santé – Partie 2

Rubrique animée par Preston-Lee Ravail de la Société Française de Sport Santé

Dans cette dernière partie le docteur Gilbert Pérès après avoir traité du sujet de la recommandation d’APS (Vive la forme N°87) ,  aborde et complète,  celui plus ciblé des recommandations  dans quelques situations physiologiques . Retrouvez l’article: ici.

 Pour le sénior porteur d’ostéoporose, réduction de la densité minérale osseuse favorisant à l’occasion de traumatismes mineurs la survenue de fracture, les APS recommandées sont très différentes –soulignant la nécessité de personnalisation-, l’objectif étant de créer des microtraumatismes de l’architectonie osseuse (presque à l’opposé du but dans l’arthrose, tout en respectant les articulations !) pour créer une réaction constructive des ostéoblastes, en respectant les capacités d’adaptation des séniors (risque de contre-effet au-delà de 6h d’APS/sem). Tous les sports en charge sont conseillés, en prévenant les chutes et les risques de tassement ou de fracture, marche (avec port de sac à dos) voire jogging, saut à la corde, cardiotraining (step, stepper, rameur), musculation essentiellement en charge (pas trop lourdes). Par exemple, le tout à raison de 2 sessions de 60 min et 2 sessions de 20 min/sem, d’aérobic à fort impact et de musculation à haute résistance et faible volume, associés à régime alimentaire, légère exposition solaire et vérification du statut hormonal par le médecin.

Pour rester dans le domaine de l’appareil locomoteur, les troubles musculosquelettiques (TMS) et surtout lombalgies liés aux postures de travail défectueuses sont en partie prévenus par des APS spécifiques du poste de travail du salarié impliqué (sport en entreprise). La prévention de la récidive des TMS est un enjeu majeur pour beaucoup d’entreprises. Des programmes spécifiques d’APS ont été mis au point notamment par secteur (tertiaire de bureau, bâtiment, transport…), avec par exemple des parcours de postures différentes préventives des lombalgies lors des ports de charge, avec des conventions entreprise – salles de remise en forme.

 

  • L’hypertension artérielle modérée bénéficie d’APS aérobies régulières, ou de musculation très légère-, d’intensité modérée, au plus au niveau du seuil ventilatoire SV1, et de durée au moins égales à 20 voire 30 min, 5 fois/semaine. L’APS adaptée, avec un régime adapté, a permis une diminution d’environ de moitié des patients ayant besoin d’antihypertenseurs.. Les APS ne se valent pas toutes : de la plus efficace à la moins : la natation (en eau tiède ou chaude), la bicyclette, la marche, la course à pied ou la musculation légère (celle lourde est contre-indiquée).
  • Pour les pathologies cardiaques (angor) et vasculaires (artérite) ischémiques, il est bien démontré l’effet de prévention des APS d’endurance. L’efficacité implique l’association à une alimentation adaptée selon les prédispositions athéromateuses (antécédents familiaux). Les APS ont un effet préventif proportionnel à leur quantité et intensité, déjà évident « à petite dose ». Un suivi médical pertinent est nécessaire pour préciser l’intensité (cardiofréquencemètre) à ne pas dépasser, tout en respectant « les 10 réflexes en or ».
  • Dans les maladies métaboliques dyslipidémiques (hypercholestérolémie totale et LDL, l’HDL-C basse et hypertriglycéridémie), il y a une relation inverse très significative avec un faible niveau d’APS. La pratique très régulière d’APS aérobies va modifier assez rapidement (TG) et plus lentement HDL-C et LDL-C et ce d’autant plus qu’un régime diététique adapté sera bien suivi. Toutes les APS d’endurance sont utiles.
  • Surpoids et obésité sont prévenus, avec la diététique qui prime toujours, par la pratique régulière d’APS d’endurance, en particulier par les personnes prédisposées. L’AP participe à prévenir les fréquentes rechutes et la réduction de la dépense énergétique liée à la perte pondérale, tant adipeuse que protéique. Toute AP d’endurance, même de quelques minutes mais répétées tout au long de la journée, cumulant au moins 60 min est efficace, c’est la quantité totale qui compte, et c’est souvent plus motivant. Y associer des AP en salle est encore mieux pour atteindre les quelques … 600 min / semaine parfois conseillées. Ce qui est très important : ajouter systématiquement 3 fois par semaine des exercices de résistance à but de développement de la masse musculaire (MM) par exemple sous forme de circuit training des muscles volumineux (10 à 12 répétitions à 70-75 % de 1RM) pour maintenir voire développer la masse musculaire qui diminue lors de la perte de poids. Bien sûr, bien respecter les contre indications de l’appareil locomoteur et de la tension artérielle souvent augmentée.
  • Les diabétiques de type 1 et surtout 2 (D2), avec surpoids voire syndrome métabolique, bénéficient de la pratique d’APS d’endurance et de musculation -protéger les articulations des membres inférieurs si obésité- tandis que boxe (trauma oculaires), alpinisme, vol à voile (sécurité), plongée sous marine (loisir) sont contre-indiquées. Un programme régulier a permis de diminuer des ¾ le nombre de patients D2 prenant des médicaments hypoglycémiants. C’est la dépense énergétique totale quotidienne qui apparaît le plus efficace comme pour l’obésité. Le meilleur indicateur est le tour de taille : il diminue ainsi que les indicateurs métaboliques (hémoglobine glyquée). La sécurisation lors des APS passe par la prévention et traitement des hypoglycémies, des lésions des pieds…
  • Pour les pathologies pulmonaires, les APS peuvent être à la fois déclencheurs de crise d’asthme et moyen thérapeutique, tout est question de dosage, d’intensité et de caractéristiques du patient, tout en respectant les contre-indications absolues. Les salles, parce qu’elles sont assez humides et chaudes sont plutôt favorables, avec des APS bien programmées (échauffement, intensité, durée, broncho-dilatateur).
  • Le patient porteur d’une BPCO bénéficiera d’APS aux stades GOLD 1 et 2. L’arrêt du tabagisme est impératif, moins difficile avec la pratique d’APS apportant de l’énergie tout autant mentale que physique. L’entraînement en endurance équivalant à 45±15 min de vélo/session, au moins 3/semaine, marche sur tapis ou natation… associe renforcement musculaire (ou travail contre résistance), étirements, travail en équilibre et relaxation – autocontrôle de la respiration.
  • Pour les cancers (voir article dans Vive la forme n°2), deux situations sont bien différentes selon qu’ils sont ou non hormono-dépendants ou du tube digestif distal. Mais dans tous les cas, douleurs, asthénie, fatigue, dépression post-chimiothérapie sont atténuées par la pratique d’APS quelles qu’elles soient. Les cancers de la sphère génitale femmes et hommes ont une incidence et une récidive jusqu’à 30% moindres chez les pratiquants d’APS à condition de pratique d’APS au moins 5 fois 1h par semaine. En salle, l’intérêt est une gamme très importante d’AP disponible, comme le rameur ou certains appareils de musculation pour participer à traiter le lymphoedème du bras post-chirurgie du sein.
  • Les patients greffés (cœur, poumon, rein, foie) ont une sarcopénie liée aux traitements anti-rejet : la pratique d’APS d’endurance et de force modérée va permettre de la limiter. Sachez que tout choc sur le tronc (sports collectifs, arts martiaux et pugilistiques…), toute secousse (saut, course, sports co), toute contraction musculaire lourde (haltérophilie), toute exposition à un risque infectieux (piscine) est à éviter, mais il y a plus motivant que la marche… : au médecin et à l’éducateur sportif d’aider le patient greffé (en particulier rénal) à se faire plaisir tout en améliorant toutes ses aptitudes fonctionnelles et sa musculature, au delà du simple « ré-entraînement à l’effort ».

Il serait possible de poursuivre cette énumération avec les pathologies du système nerveux, épilepsie, sclérose en plaques, ou psycho-psychiatrique, dépression, tentative de suicide… pour prendre conscience de l’apport des APS pour l’amélioration directe ou indirecte de la qualité de vie des patients. La très grande diversité des APS disponible en salle est un atout majeur et si la pratique est largement individuelle, elle se fait en groupe, recréant un lien social souvent distendu chez les patients. Il y a toujours une ou plusieurs APS où chacun se fait plaisir tant aux plans physique que mental ou social.

En conclusion, l’APS est un des éléments majeurs du traitement de la plupart des maladies chroniques, au même titre que la nutrition et les médicaments, mais faute de temps et surtout de motivation, la mise à l’APS de nombreux patients est un réel défi. Peu de médecins relèvent ce challenge avec leur patient, d’avoir une vision non pas seulement analytique limitée à un seul organe, mais aussi globale, de synthèse, pour le responsabiliser, accroître son autonomie, agir sur son environnement, le motiver et l’accompagner pour le faire bouger au quotidien, lui redonner un sens à sa vie et un plaisir de vivre, quitte à être même un peu intrusif dans son organisation personnelle. Et prescrire de la marche comme seule APS est une solution de facilité simpliste. A titre de comparaison le simple conseil du médecin d’arrêter de fumer est suivi d’effet, selon les études, dans 2 à 5 % des cas ! Il convient de renforcer la relation d’empathie entre le patient et les personnels de santé et de sport, élément majeur de l’éducation thérapeutique du patient (HAS, 2007). L’éducateur sportif (E3S) ou le coach sport-santé (C3S) en créant cette empathie va apporter énergie et solutions pour mieux s’organiser. Le diététicien établit un plan alimentaire avec des menus jour par jour sur une semaine voire un mois, sans assister bien sûr aux repas de son patient ! De même, l’E3S verra son patient lors des 1 à 3 séances par semaine mais il va coordonner un projet personnalisé d’APS au quotidien qu’il va rédiger, véritable contrat entre lui et son patient qui s’engage à le respecter, en modifiant son mode de vie. Bien sûr, grâce à la fiche de liaison, l’E ou le C3S tiendra informé le médecin traitant, coordinateur du réseau autour du patient.

 

Preston-Lee Ravail

Membre de la Société Française de Sport Santé
Responsable Fitness UFBS (Union patronale Fitness Bien être et Santé)

https://www.facebook.com/prestonlee.ravail
#prestoncoaching

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