SURPOIDS ET SOMMEIL : QUELS LIENS ?

Nutrition

Santé

SURPOIDS ET SOMMEIL : QUELS LIENS ?

par Didier Souveton

Didier Souveton

jeudi 7 juillet 2016

Le sommeil, une fonction vitale de l'organisme

L’environnement a beaucoup évolué au cours du 20è siècle. L’industrialisation, le développement des centres urbains, la multiplication des routes, l’automobile, les couloirs aériens, tous représentent des facteurs qui peuvent être associés à une perturbation du sommeil. Or, Le sommeil est une fonction vitale de l’organisme. Il joue un rôle de réparateur et de régulateur. Dormir est indispensable à l’équilibre des sécrétions hormonales et métaboliques, au contrôle de la glycémie, de l’appétit et plus généralement du poids. Les liens entre sommeil et obésité sont à la fois biologiques et comportementaux.(1)

Des études récentes ont mis en évidence le lien entre un temps de sommeil trop court (moins de 6 heures par 24 heures) et une augmentation de l’IMC (indice de masse corporelle) chez l’adulte comme chez l’enfant. Le manque de sommeil a un impact direct sur notre courbe de poids et augmente les risques d’obésité. Les risques d’obésité sont plus élevés chez les petits dormeurs (de 50% chez les hommes et de 34% chez les femmes).

Sommeil – Nutrition : une relation à double sens

Si on s’alimente bien, le sommeil est meilleur et si on dort mieux, on consomme moins les aliments qui font prendre du poids.(2)

L’évolution des habitudes de vie de la population dans nos sociétés industrialisées, modernisées et connectées aboutit à un double constat :

-la prévalence de l’obésité est en constante augmentation
-la durée moyenne du sommeil est en diminution

Des travaux expérimentaux ont montré des modifications du comportement alimentaire lors d’une privation chronique de sommeil dont les mécanismes hormonaux ont été identifiés. La réduction du temps de sommeil a ainsi pour conséquence une diminution de la durée de la sécrétion de l’hormone induisant la satiété (leptine) et une augmentation de celle favorisant la faim (ghréline). L’appétit va donc naturellement augmenter conduisant à manger davantage avec une prédilection pour les aliments riches en sucres et en graisse.(3)

A côté de ces facteurs hormonaux, le manque de sommeil peut entraîner une prise de poids par d’autres mécanismes :

-en allongeant la durée d’éveil, on augmente le temps disponible pour manger,
-en augmentant la fatigue et la somnolence, on réduit son activité physique et on favorise bien souvent le grignotage.

La prise en charge de l’obésité implique donc de tenir compte de l’horloge biologique des patients. Une approche nutritionnelle tenant compte des connaissances scientifiques récentes sur les rythmes sécrétoires d’un certain nombre de médiateurs représente un atout pour la régulation du sommeil et du comportement alimentaire qui en découle.

 

Sources bibliographique :
1. Pr Damien Léger, Président de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance
2. Enquête INSV/MGEN «Sommeil et nutrition», dans le cadre de NutriNet-Santé, menée auprès de 49.086 Nutrinautes, 37.846 femmes et 11.240 hommes, de janvier à juin 2014
3. Spiegel K, Tasali E, Penev P, Van Cauter E. Sleep curtailment in healthy young men is associated with decreased leptin levels, elevated ghrelin levels, and increased hunger and appe¬tite. Ann Intern Med 2004;141:846-50.

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