Une salle de gym dans l’eau, aqua ça sert ?

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Une salle de gym dans l’eau, aqua ça sert ?

par Pascal Turbil

Pascal Turbil

mercredi 16 mars 2016

Après la natation, l’aqua gym ou l’aqua jogging, voici venu le temps de la salle de gym immergée. Des appareils de musculation et de cardio-training installés dans nos piscines. Quels intérêts à ce déplacement du sec des salles vers l’humide des piscines ? Explications.

On le savait déjà : dans la natation tout est bon ! Mais de là à délocaliser les salles de sport au fond des piscines, il y avait un pas, que de plus en plus de clubs, centres de soins, de balnéo ou de thalassothérapie n’hésitent plus à franchir. Tous les appareils de cardio-training et de musculation se retrouvent ainsi immergés. Une nouvelle génération de matériels qui utilise non plus l’électronique comme dans les salles classiques, mais la résistance de l’eau. Mais en quoi ces appareils, généralement très simples d’utilisation, sont-ils plus performants que les « Ferrari » et autres merveilles de technologies qui peuplent les salles de fitness ? Tous les éléments de réponses avec Serge Palisser, créateur de Waterform, un centre d’aqua-fitness basé à Montbéliard et unique en Europe.

« Je rentre de nouveau dans mon jean »

Il y a 20 ans, tout le monde regardait Serge Palisser d’un drôle d’œil : « J’ai commencé avec mon magnéto au bord de la piscine et je donnais des cours dans l’eau. Je ne savais pas bien pourquoi, mais les femmes me disaient qu’elles rentraient de nouveau dans leurs jeans après les cours d’aquagym. Les résultats semblaient plus efficaces qu’au sec. Je m’y suis donc intéressé de manière plus scientifique. Une fois les preuves acquises, j’ai fait le tour du monde pour trouver les meilleurs outils, car j’en étais persuadé, l’eau combinée à des appareils adaptés donneraient à coup sûr des résultats fantastiques. Je n’ai pas été déçu. »

Archimède archi bon

Il ressort de ces années de recherches que parmi tous les accessoires utilisables dans l’eau, le vélo reste certainement le plus efficace : « Il est ludique, il permet à la fois un travail cardio-vasculaire et musculaire et en plus il assure un parfait gainage des abdominaux. » C’est le fameux principe d’Archimède qui offre ces surplus de gainage et de travail des muscles profonds. Notre corps, plongé dans un liquide à tendance à remonter naturellement et pour le maintenir en place sur la selle et ainsi pédaler efficacement, le pratiquant est contraint de pousser sur ses fesses. Cette action l’oblige à gainer les abdominaux, donc à les renforcer. Mieux, les exercices réalisés dans l’eau permettent de se muscler deux fois plus vite : « Le déséquilibre créé par l’eau oblige à rechercher la stabilité. Du coup, lorsque je travaille un muscle intérieur, le muscle extérieur travaille en même temps (biceps et triceps ou ventre et dos par exemple) ». Un équilibre naturel, les muscles agonistes et antagonistes travaillent de concert, qui assure une harmonie de la silhouette, mais surtout une parfaite efficacité. D’un côté on observe un gain de temps mathématique en faisant travailler, dans l’eau, deux muscles au lieu d’un. De l’autre, ces faibles courants d’eau qui créent les déséquilibres obligent le pratiquant à faire travailler ses muscles profonds, invisibles mais tellement importants, notamment autour de la colonne vertébrale pour la protection du dos ou les muscles transverses pour les abdominaux. Ce sont eux aussi, qui accessoirement concourent au ventre plat. Une situation instable qui fait également travailler harmonieusement le haut et le bas du corps et ce, quel que soit l’appareil utilisé. Et toujours côté esthétique, la pratique du vélo dans l’eau, en accentuant les courants, améliore la qualité de la peau et agit notamment sur la cellulite dite fibreuse.

L’eau décomplexe et aide à la reprise du sport

Les avantages de la salle de musculation immergée ne s’en tiennent pas là. L’effort effectué dans l’eau permet de baisser de 10% sa fréquence cardiaque, par rapport au même exercice réalisé au sol. On se fatigue donc moins vite, le corps et le cœur ne sont pas en surchauffe (dans le rouge). Idéal pour une remise au sport. Sans compter que ce taux inférieur de la fréquence cardiaque permet également aux sportifs qui le souhaitent de travailler à rythme supérieur (de 10%) et ainsi être plus efficace. Parmi les avantages de l’eau, il y a celui de la portance qui évite les traumatismes. Un coureur de 100 kg qui effectue un jogging classique voit son poids multiplié par deux et demi. Ce sont ainsi des impacts de 250 kg que le dos et les articulations doivent encaisser. Dans l’eau, le corps perd 70% de son poids s’il est immergé jusqu’au cou. Le même joggeur ne pèsera plus que 30 kg. Le travail dans l’eau est aussi moins éprouvant pour les personnes qui présentent des fatigues ou traumatismes articulaires autant que musculaires. Cette salle de gym dans l’eau est évidemment vivement conseillée en cas de surcharge pondérale. Mais l’immersion permet aussi de cacher un corps que l’on ne souhaite ni exhiber aux autres, ni voir dans les miroirs d’une salle de gym classique : « Cela compte énormément pour des gens en surpoids, qui ne se seraient pas remis au sport dans d’autres conditions. »

Sudation limitée et retour veineux renforcé

Ventre plat, la lutte contre la cellulite, les avantages aux efforts consentis dans l’eau, sur ces machines spécialement étudiées pourraient aboutir à un raccourci simple sinon simpliste : la musculation dans l’eau est plutôt destinée aux femmes. Surtout si l’on ajoute que l’on transpire moins dans l’eau qu’au sec : « Les hommes aiment constater le fruit de leur travail, notamment par la sueur qu’ils dégagent, ce qui n’est pas le cas des femmes, qui aiment travailler fort sans pour autant avoir la sensation de souffrir. » Même aspect plutôt féminin avec cet autre bénéfice qu’est l’amélioration du retour veineux : « Travailler dans l’eau sur un tapis de course, un vélo ou un stepper atténue le phénomène de jambes lourdes, favorise la circulation veineuse et lutte contre la cellulite œdémateuse. Là encore c’est mathématique. A un mètre de profondeur, la pression hydrostatique est de 1 kilo par 10 cm2. Ce qui donne d’excellents résultats sur les mollets et les cuisses. »
Enfin, pour enfoncer le clou, si besoin était, Serge Palisser rappelle que la résistance à l’eau est douze fois supérieure à la résistance à l’air : « Alors ces résultats combinés avec un matériel adapté, c’est formidable pour la forme ! » Et ça, les hommes ne peuvent pas y être insensibles.

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